Suivi phytosanitaire

L’étude des différents agents pathongènes est un facteur incontournable en populiculture. Le projet Transpop a ainsi pour mission de suivre l’évolution de l’ensemble des “maladies” affectant le peuplier sur des anciennes/nouvelles variétés de cultivars et ainsi renseigner au mieux le monde populicole pour garantir une populiculture saine et durable.

L’arrivée d’une nouvelle race de rouille (champignon), en 1996, a provoqué un sinistre sanitaire et économique majeur dans la zone TRANSPOP, mais aussi bien au-delà… . Ainsi, on estime, une baisse du volume récoltable comprise entre 30 et 50% dans nos régions à partir de 2012.

En France, l’observation des attaques de rouilles est effectuée tout au long de l’année similairement aux observations des cultivars installés sur les placettes d’essais. Du côté wallon, trois placettes d’observations exclusivement consacrées à l’observation des attaques de rouille ont été installées.

 

  • rouille à Melampsora
  • placettes d'observation
  • puceron lanigère

  • Le champignon « Melapsora spp » est aujourd’hui présent sur l’ensemble du territoire français ainsi qu’en Région wallonne. C’est un parasite se développant sur la face inférieure des feuilles de peupliers, occasionnant des pertes de croissance et ainsi des affaiblissements pouvant être fatales pour l’arbre. Ce champignon a été responsable vers la fin des années quatre-vingt, de dégâts colossaux  sur des grandes superficies plantées quasi exclusivement à l’époque en cultivars interaméricains (Beaupré et Boelare).

    Comment reconnaitre la rouille ?

    Le champignon se développe sur les feuilles de peupliers dès le début du mois de mai. La face inférieure des feuilles de peupliers infectés présentent un aspect « rouillé » de par la présence de pustules jaunes-oranges.

    Aspect “rouillé” d’une feuille de peuplier

    Cycle de vie de la maladie

    La rouille à Melampsora spp. à besoin de deux hôtes pour  réaliser son cycle complexe  de manière entière. L’hôte principal est le peuplier, l’hôte alternant dépend du type de maladie, ainsi on peut rencontrer les rouilles suivantes :

    ♦ Rouille à Melampsora allii-populina / hôte alternant = plante de la famille des ails

    ♦ Rouille à Melampsora larici populina / hôte alternant = mélèze

       Schéma explicatif du cycle complet de la rouille (Melampsora larici populina)

    Dégâts causés par la maladie

    La contamination des peupliers par la rouille varie en fonction des conditions climatiques, et bien évidement du cultivar. L’alternance pluie/soleil augmente ainsi les chances de propagation du champignon ainsi tout comme les cultivars interaméricains : Beaupré, Boelare, Rspalje, Hazendans, Hogvoorst….

    L’infestation par la rouille est reconnaissable  par la présence de pustules orange sur la face inférieure des feuilles. Selon le niveau de gravité de l’infestation, une défeuillaison précoce peut survenir (parfois dès juillet) et provoquer une diminution de croissance. Des attaques massives et répétées peuvent même entrainer un dérèglement physiologique de l’arbre et provoquer un mauvais débourrement l’année qui suit suite à une carence en réserve nutritive.

    L’affaiblissement généré par une succession d’attaques favorise l’installation d’autres parasites dit de « faiblesse » ou « d’équilibre » comme par exemple le Dotichiza (Discosporium populeum) ; Cytospora (Cytospora chrysosperma) allant jusqu’à entrainer la mort de l’arbre.

    Quels moyens de lutte ?

    Le meilleur moyen de se prémunir reste la prévention à travers la diversification en cultivars et le respect d’une bonne adéquation cultivar/station.  Un élagage correct et suivi permettra également de limiter l’humidité de la parcelle par ventilation et ainsi diminuer le risque d’infection.

    Poster explicatif des avertissements rouille du projet Transpop

  • Protocole d’observation des rouilles à Melampsora en Hainaut

    Rythme des observations : 1 observation / parcelle / semaine. Toutes les parcelles étant parcourues en une journée.

    Variétés observées en 2012 :

    P. x euramericana (DxN) : Serotina du Poitou (=Blanc du Poitou), Ghoy, Gaver, Isières, Koster, Muur, Vesten, Oudenberg, Triplo, Robusta, Ogy, Dorskamp, Flevo , A4A, Albelo (P37), Polargo (P38) et Degrosso (P35),

    • P. x interamericana (TxD) : Hazendans, Hoogvorst, Raspalje, Beaupré, Boelare,
    • P. trichocarpa : Trichobel,
    • P. x interamericana backcross ((TxD)xD): Grimminge,
    • P. trichocarpa x P. maximowiczii (TxM): Bakan, Skado.

    La succession des cultivars sur le terrain est aléatoire. Tous les sujets d’un même cultivar sont installés en une suite continue (pas de mélange pied par pied…) pour des facilités d’observation. Leur nombre a été fixé à 13, de façon à pouvoir bénéficier d’observations garanties sur 10 sujets pour chaque cultivar.

    Le matériel végétal utilisé provient de plusieurs filières :

    ♦ certaines boutures ont été prélevées sur des arbres clairement identifiés

    ♦ d’autres proviennent de l’INBO de Geraardsbergen (plançons d’un an débités de façon à multiplier le nombre de boutures disponibles).

    ♦ les dernières proviennent de pépinières commerciales (plançons de un ou deux ans, également débités de façon à pouvoir disposer d’un nombre suffisant de boutures).

    Age des sujets observés : 1 à 2 ans

    Nombre d’individus observés par cultivar: 10

    Stade d’évolution fongique observé : urédosores (pustules orangées sur la face inférieure des feuilles).

    Niveau de gravité de la maladie (échelle de cotation de l’INBO) :

    0: Feuille sans urédosores

    1: Quelques urédosores individuels dispersés sur la plante

    2: Quelques urédosores par feuille

    3: Nombreux urédosores sur la majorité des feuilles

    4: Couverture des feuilles par les urédosores

    5: Chute des feuilles

    Afin de garantir des observations de qualité, trois parcelles d’observation ont été implantées. Il s’agit des sites de  Ath, Wiers (Péruwelz) et Rouveroy. Les sites ont été mis à notre disposition par le CARAH (Centre Agronomique de Recherches Appliquées du Hainaut) pour la parcelle d’Ath, par Monsieur Christian Huysmans (propriétaire privé) pour la parcelle de Wiers et enfin par Monsieur Claes pour le site de Rouveroy.

    Description des différents sites d’observation:

    Le site d’Ath : site hors vallée, situé le long de la rue de l’agriculture en direction d’Ormeignies. La pédologie de la parcelle est classée dans la série Aca (Sol limoneux à drainage modéré et à développement de profil de type lessivé à horizon B textural). Elle est limitée de l’ouest au nord par le talus de l’ancienne ligne de chemin de fer Ormeignies-Ath, au sud par la route et à l’est par des terres cultivées.

    Le site de Wiers : situé dans la vallée de l’Escaut, en zone de wateringues. Bordé à l’ouest et au nord par des terres agricoles, l’est et le sud étant occupés par des peupleraies. Cette parcelle est implantée sur une ancienne pépinière. Le sol est classé dans la série des Php (Sol sablo-limoneux léger humide et sans développement de profil). Aucun mélèze n’a été repéré à proximité du site.

    Le site de Rouveroy : site hors vallée, situé sur un chemin agricole parallèle à la route de Beaumont. La parcelle est bordée au nord et à l’ouest par le bois de Monsieur Claes et au sud et à l’est par des plaines agricoles. Le sol est classé dans la série Adp (Sol limoneux à drainage imparfait et sans développement de profil).

    Ci-dessous, les synthèses des observations rouille des dernières années pour le versant wallon:

    Synthèse des observations rouille pour l’année 2012

    Synthèse des observations rouille pour l’année 2011

    Synthèse des observations rouille pour l’année 2010

    Synthèse des observations rouille pour l’année 2007

    Synthèse des observations rouille pour l’année 2006

    Synthèse des observations rouille pour l’année 2005

    Synthèse des observations rouille pour l’année 2004

    Synthèse des observations rouille pour l’année 2001

    Synthèse des observations rouille pour l’année 2000

  • Au début de l’année 2012, quelques attaques de  puceron lanigère ont été observés en Wallonie. Depuis, l’équipe Transpop reste attentive à son évolution  en collaboration avec l’Observatiore Wallon  de la Santé des Forêts.

    Il est a noté toutefois qu’oin ne peut pour l’instant pas encore parler de “ravageurs” en ce qui concerne le puceron lanigère, en Wallonie et dans Le Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

    Ci-dessous, un résumé sur l’état des connaissances actuelles concernant le puceron lanigère.

    Article sur le puceron lanigère